- Alors ? C’était comment ? voulu savoir Gus en
arrivant devant l’équipe rassemblée au
complet.
Ils le regardèrent un instant, ne laissant paraître
aucune émotion sur leur visage, puis, dans un même
élan, ils applaudirent. Et, même si ce
n’était ni leur premier, ni leur dernier concert, les
quatre garçons se sentirent émue d’autant de
sollicitude de la part de ces gens qu’ils ne connaissaient
pas pour la plupart. Ont vint les débarrasser de leur
guitare, poser des serviettes sur leurs épaules et pour Bill
en pleine figure, envoyé par on ne sait qui. Il n’en
fit pourtant pas attention, trop impressionné comme toujours
par l’effet d’un après concert. Dans le bruit
assourdissant de leur conversation, personne , mis à part le
manager,ne s’aperçut du mécontentement
d’une jeune fille face au chanteur qui lavait prit selon
elle, pour une servante. Elle s’éloigna de
l’attroupement en fulminant et fut bien rapidement
rattrapée et mis à l’écart dans une
pièce quelconque par le manager.
- Stop là jeune fille, dit-il en la poussant sur
une chaise l’obligeant à s’assoire.
- Qu’es qu’il y a encore ? J’ai fais ce
que tu voulais en allant les saluer dit-elle sur la
défensive.
- Balancer une serviette éponge à la figure de
Bill, c’est ce que tu appelles saluer ? la
questionna-t-il narquoisement.
Bien malgré elle, le pincement de lèvres
qu’elle affichait il n’y a pas si longtemps
s’effaça pour laisser place à un sourire
d’excuses.
- Il m’a prit pour une servante ! Et puis il
n’avait pas l’air d’avoir sentit quoi que se soit
avec la pastèque qu’il a…
- Tu t’enfonces la prévenu son
interlocuteur.
Elle se tu et regarda fixement l’homme en face
d’elle. S’attendant sans doute à ce qu’il
hurle ou encore pire : qu’il la cloue au mur…
- Swazig tu m’écoutes ?
- Affirmatif mon capitaine répondit-elle en le
saluant.
Il soupira, las. Cette enfant était vraiment intenable !
Comment avait-il pu mettre au monde un monstre de dérision
pareil ? Mais qu’allait-il faire d’elle ? Surtout
maintenant qu’il était condamné à
l’emmener avec lui pendant quatre longs mois.
- Je sais bien que tu n’as aucune considération
pour et mon métier et ceux que je protège, mais, par
pitié essais de faire un effort. Je ne te demande que de
sourire niaisement, répondre correctement… Bref, de
faire semblant d’être une jeune fille bien sous tout
rapport. Compris ?
- Yes sir s’exclama-t-elle dans un horrible
accent de vielle anglaise.
Désespérante. Il plissa des yeux en se massant les
tempes dans de longs mouvements circulaires. La tête
penchée vers le sol, il essayait de se débarrasser
d’un mal de tête horrible tout en cherchant un moyen de
garder sa fille et son boulot par la même occasion.
Swazig se mordit la langue. Ce n’était pas si
facile de communiquer avec cet homme qui se trouvait être son
père. Surtout qu’ils étaient tout deux
obligés de coexister maintenant que…
La porte s’ouvrit avant d’aller
s’écraser dans un grand fracas contre le mur. Dans
l’encadrement, le brun à tendance gothique, celui dont
des centaines de filles s’égosillaient il y a peu de
ça. Même si elle devait avouer qu’il chantait
divinement bien, elle n’était pas prête à
se glisser dans la peau d’une hystérique avec un
tee-shirt de « Billounet » sur la poitrine. Toujours
debout dans le pas de la porte, Bill fronça les sourcils,
contrarié. Que faisait cette fille dans sa loge, sur son
canapé ? L’euphorie du concert passé, il avait
retrouvé son attitude habituelle : un mécontentement
permanent et cela jusqu’au concert suivant. Tout ce
qu’il espérait c’était que ce ne soit pas
une de ces fans dingues de lui à en vouloir lui arracher une
mèche de cheveux… Il en avait déjà fait
la désagréable expérience.
- Josh ?
- Oui ?
- Ce n’est pas ce que je crois ?
- Et qu’est ce que tu crois ?
Bill avança posément jusqu’au canapé,
là, il posa sa main sur le dossier.
- La gagnante d’un concours du genre de celui de là
dernière fois qui nous à refourgué une folle ?
Je veux bien qu’elle me déteste mais… Il marqua
une courte pose, cherchant sans doute ses mots, puis, sans
prévenir, il fit tourné le siège et son
occupant. Ne compte pas sur moi pour la trimbaler avec moi
cracha-t-il avant de se diriger dans la pièce adjacente.
Swazig, qui avait arrêté la course circulaire du
canapé, lança un regard à son père qui
en disait long sur son ressentis. Si elle s’était
écoutée, elle lui aurait fait ravaler ce petit air
supérieur qu’il avait affiché en la prenant
pour un fan. Ce petit air supérieur si bien qualifié
par cette manière qu’il avait d’hausser son
sourcil droit. Une raison supplémentaire pour
détester les stars : Bill Kaulitz n’était
qu’un petit orgueilleux, trop sûr de lui.
Josh sourit. Voir Swazig étouffée par la
colère, une deuxième fois par la même personne,
sans qu’elle n’ose répliquer était tout
à fait inhabituel de sa part. Deux explications à ce
fait : soit elle avait décidé de respecter ce
qu’il lui avait demandé de faire, soit elle attendrait
qu’il ne soit pas là…
Tom qui attendait son frère depuis trop longtemps
à son goût, débarqua à son tour dans la
loge. Sans s’annoncer, il entra, regarda dans toute la
pièce avant de se rendre compte de la présence
de…
- Eh Josh ! s’exclama-t-il avant de lui donner une tape
amicale sur l’épaule. Tu nous as trouvé comment
? Moi j’ai adoré ! Il s’assit sur
l’accoudoir du canapé qu’occupait le manager et
mit ses pieds sans aucune gêne sur les cousins.
- C’était bien. Vous avez comme toujours
allongé le spectacle…
- Ca c’était mon idée avoua-t-il un sourire
aux lèvres. Enfin, cette fois ci. La dernière fois
c’était Gus qui voulait dédier une partie du
concert à sa…
Il s’arrêta en plein milieu de sa phrase. Ses yeux
avaient finalement rencontrés ceux de Swazig qui se
demandait en combien de temps est ce qu’il pourrait
s’apercevoir que le fauteuil n’était pas
vide.
- T’en as pensé quoi toi ? lui demanda-t-il
finalement.
- Ce que j’en ai pensée…
répéta-t-elle réfléchissant à un
juste milieu entre la vérité et le fait de ne pas
paraître désagréable.
Elle n’avait jamais vraiment prit le temps
d’écouter une seule de leurs chansons avant ce soir.
Et encore, elle ne les avait écoutés
qu’à moitiés… Elle connaissait tout de
même le groupe, d’une part grâce à sa
meilleure amie qui se mourrait pour le « beaaaauu »
Bill et d’autre part parce que son père se trouvait
être leur agent.
- Du grand Tâche, je veux dire TH lâcha-t-elle avec
un sourire artificiel.
Tom fronça les sourcils, un peu comme l’avait fait
auparavant son jumeau. Sauf que lui ce n’était pas par
agacement, mais plutôt par étonnement. Il ouvrit la
bouche, prêt à la questionner à nouveau, mais
c’était sans compter la réapparition de
Bill.
« Il a quitté une tenue sombre pour une qui
l’est encore plus » pensa la jeune fille
néanmoins admirative du bon goût du rockeur. Un
tee-shirt à rayures noires et blanches, par-dessus une veste
en cuir noir et clous argentés, un jean droit
agrémenté d’une ceinture blanche à
grosse boucle en forme de tête de mort, tout aussi noir que
les bottes motardes qu’il avait aux pieds. Un look qui lui
était propre : du grand Bill Kaulitz…
- Qu’es ce tu foutais depuis le temps ? lui demanda Tom
sur un ton de reproche Bill se tenait dos à eux, devant le
miroir de la coiffeuse, de là, il pouvait voir tout ce qui
tramait dans la pièce. Tout, y compris le regard admiratif
de la rousse. Lui qui espérait avoir été clair
et ne plus la revoir, du moins dans sa loge, à sa
place… C’était loupé.
- A ton avis répondit-il faussement aimable en
emprisonnant dans sa main un trousseau de clefs qu’il fit
résonner à chacun de ses pas.
Il s’en alla comme il en était venu : en claquant
la porte.
Tom soupira, puis sauta les pieds joints au sol.
- Josh, on se voit demain, enfin, si on arrive à se
réveiller assez tôt…
- Se serait sympa de me dire où vous vous rendez.
- Fêter notre réussite répondit-il avec
entrain. Je sais, pas de grabuge, pas d’actes qui pourraient
nous valoir quelconque photo dans ces salades à
ragots…Il tourna la poignée de la porte puis : Et si
elle venait avec nous ?
- Je ne sais pas trop… Vous n’êtes pas super
comme baby sitter déclara-t-il très
sérieusement.
- Eh ! s’esclaffa Swazig outrée que son père
puisse penser qu’elle soit en âge d’en avoir
toujours.
- Je te promets qu’on la ramènera en entier et
avant minuit dit Tom d’un ton presque implorant.
- Il est minuit treize intervint Swazig qui n’avait pas
vraiment envie d’ y aller.
- Tu ne m’aides pas, alors tais toi dit il en
rigolant.
- Le plus important c’est que je m’aide
répliqua-t-elle vexée en croisant les bras.
- En faisant quoi, il se mit face à la jeune fille. Te
transformer en réveil parlant ? demanda-t-il avec une
grimace comique.
- Oh la ferme poulpe géant
s’exclama-t-elle excédée par son
répondant.
- Swazig ! s’écria son père en
écarquillant les yeux.
- Quoi ? demanda-t-elle innocemment. Il n’a
rien comprit, c’est pas très grave. Si ? - Si
c’est grave ! Et s’il t’appelait carotte
?
- Dit lui d’essayer pour voir
répondit-elle un sourire menaçant aux
lèvres.
Josh roula des yeux devant l’air buté de sa fille.
Que faire d’une jeune fille si impulsive qui ne pouvait tenir
sa langue que sous un effort surhumain ?
- C’est d’accord, emmène là avec vous.
Oui, tu as bien entendu s’adressa-t-il à Swazig qui
n’en revenait pas qu’il puisse l’obliger à
sortir avec les Tokio Hotel. T’es responsable d’elle
Tom Kaulitz, s’il lui arrive quoi que se soit, star ou pas
star je te… Sache seulement que je suis ceinture noire.
Il secoua la tête, la mine victorieuse. Il avait obtenue
la permission d’emmener cette jeune fille qu’il ne
connaissait pas, dans un endroit qu’il n’avait jamais
visité avec des gens qu’il fréquentait tous les
jours. Sans oublier le fait qu’une peine de mort flottait
au-dessus de sa tête… Vu comme Josh Love–Witt
était dur en affaire, il y avait de quoi craindre sous ses
menaces. Swazig lança un regard meurtrier et à son
père et à Tom. Passer toute une heure si ce
n’était pas plus avec des rockeurs, avec les TH ? Ce
serait un vrai supplice… A moins qu’elle ne rencontre
Keanu Reeves au bar…